Une nouvelle marque chinoise a débarqué sur le marché automobile français, c’est Geely. Si le constructeur est bien connu à l’international, il débarque aujourd’hui chez nous avec des dents très longues et des objectifs commerciaux très ambitieux. Nous avons essayé son modèle porte drapeau, le Geely Starray EM-i, un PHEV (hybride rechargeable) au rapport prestations/prix très alléchant.
Fondé en 1986 par l’entrepreneur Li Shufu à Taizhou, dans la province du Zhejiang, Geely a connu une ascension fulgurante, passant de fabricant de réfrigérateurs à l’un des principaux acteurs de l’industrie automobile mondiale. Dès 1994, l’entreprise s’oriente vers la production de motos, puis obtient en 1997 la licence de constructeur automobile, devenant ainsi le premier constructeur privé de Chine. Sa première voiture, la Geely Haoqing, sort des chaînes en 1998, marquant le début d’une expansion rapide sur le marché domestique. Connu initialement pour des véhicules abordables, parfois perçus comme des copies de modèles occidentaux, Geely a su transformer son image notamment grâce à une montée en gamme technologique et des rachats de constructeurs automobiles européens emblématiques tels que Volvo Cars ou Lotus Cars.
Ces opérations ont donc permis à Geely d’accéder à des technologies de pointe, à des normes de sécurité élevées et à un réseau de distribution mondial, tout en préservant l’autonomie des marques. Le succès a été immédiat avec Volvo, mais il est plus nuancé avec Lotus, dont le positionnement mondial est plus ardu.
Et la France dans tout ça ? Le 28 avril 2026, Geely Auto lançait officiellement sa marque principale en France sous l’égide de Geely Auto France, lors d’un événement au Carrousel du Louvre à Paris. Pour cette entrée en matière au sein de l’Hexagone, ce sont deux SUV adaptés aux spécificités de notre marché qui ont été retenus : le Geely E5, 100 % électrique et le Starray EM-i, un hybride rechargeable.
Pour un fin connaisseur du marché automobile français et notamment de ses particularités, les ambitions du constructeur chinois s’avèrent très importantes, voire peut-être hors sol à une ère de basculement géopolitique et économique. La marque vise 6 000 véhicules vendus dès 2026, 1% du marché en 2027, et un objectif selon nous presque impossible de 5% d’ici 2030, ce qui représenterait environ 80 000 unités annuelles. Pour mailler le territoire, Geely France veut déployer 30 points de vente d’ici fin juin, 70 à la fin de l’année 2026, 120 en 2027 et 170 en 2028.
C’est donc avec un intérêt non dissimulé que nous sommes partis à la rencontre du Geely Starray EM-i qui souhaite séduire les familles à la recherche d’un SUV hybride rechargeable au long cours, avec une autonomie électrique estimée entre 82 km à 135 km selon les versions.
Essai Geely Starray EM-i : premières impressions
Lors de cet essai qui s’est déroulé dans la région de Vannes (Bretagne), nous avons été surpris par le nombre de badauds venus à notre rencontre pour discuter autour de ce nouveau modèle. Est-ce la ligne, la nouveauté, le badge… Les échanges ont été enrichissants et constructifs et démontre l’intérêt grandissant du public français pour les automobiles venues de Chine.
Objectivement, le Starray EM-i est un modèle parfaitement dans l’ère du temps, et reprend à son compte les codes esthétiques qui font le succès des modèles européens ou japonais. D’aucuns y verront des ressemblances prononcées avec un Ford Kuga voire un Porsche Macan dans sa partie arrière.
Le Geely Starray est néanmoins assez long, puisqu’il mesure 4,74 mètres de long pour 1,91 m de large, quand un Peugeot 3008 mesure par exemple 4,54 m. Contrairement à ce dernier, le Starray protège moins sa carrosserie contre les touchettes en ville, avec des boucliers intégralement peints et non en plastique brut comme c’est souvent le cas sur les SUV.
Essai Geely Starray EM-i : vie à bord
Si la ligne extérieure est finalement assez consensuelle, l’habitacle du Starray mérite qu’on s’y attarde davantage. A commencer par le niveau de finition plutôt élevé, qui démontre le savoir-faire des marques chinoises et notamment de Geely, qui se positionne d’emblée comme un constructeur sérieux dans ce domaine. Cet intérieur se démarque à la fois par sa grande sobriété, avec une planche de bord très épurée et articulée autour de l’écran multimédia central, mais aussi par ses nombreux rangements, une qualité pas si fréquente sur un SUV. Revenons sur la partie ergonomie. Les commandes tombent plutôt bien en main, et on se familiarise assez vite avec les différentes et nombreuses commandes, bien qu’elles soient majoritairement regroupées au sein de l’écran multimédia, dont l’interface graphique paraît hélas déjà datée. Geely a toutefois eu la bonne idée de conserver des commandes physiques pour la ventilation, alors que les raccourcis au volant permettent de désactiver ces satanées ADAS en deux clics.
En matière de rangements, mention spéciale pour cette console centrale particulièrement pratique en permettant de loger de nombreux objets et smartphones. On trouve aussi de grands vides-poches et des poches aumônières au dos des sièges avant. Cela n’égale pas un Renault Scénic II de la bonne époque, mais c’est tout de même pas mal. Notons d’ailleurs que les tiroirs sous les sièges sont uniquement réservés au petit frère E5 électrique.
A l’arrière, la banquette offre un bon espace aux genoux et aux coudes, ainsi qu’une garde au toit généreuse, même avec le toit ouvrant panoramique. La place centrale, très ferme, devra en revanche être utilisée ponctuellement. Par contre, les dossiers sont trop inclinés vers l’arrière, mais il est possible néanmoins de les redresser pour se montrer davantage soutenus. Last but not least, la sellerie type cuir perforé fait illusion de loin, mais le toucher n’égale pas le cuir.
L’implantation des batteries pénalise comme souvent sur les PHEV, le seuil d’accès au coffre. Nous l’avons jugé un peu élevé, ce qui est d’autant plus dommage qu’il dispose d’un double fond pour ranger les câbles de recharge. Il bénéficie toutefois d’un volume total de 528 litres, ce qui s’avère assez bon sur le segment (NDLR : le Peugeot 3008 PHEV annonce 520 litres).
Essai Geely Starray EM-i : sur la route
Le Geely Starray EM-i propose une fiche technique assez singulière puisqu’il assoie un moteur 4 cylindres de 1,5 litre atmosphérique d’une puissance modeste de 99 ch, à un bloc électrique nettement plus puissant, dont la puissance est fixée à 218 ch. Selon Geely, la puissance combinée est fixée à 262 ch, pour un couple combiné plutôt modeste de 262 Nm (cela n’est pas fait exprès).
Autre particularité, Geely propose deux types de batteries sur son Starray. Sur ses versions d’entrée et milieu de gamme, il est proposé avec une batterie de 18,4 kWh, alors que sur la finition haute Max+, cette batterie est fixée à tout de même 29,8 kWh, ce qui le positionne au sommet de la catégorie (Mercedes GLC 300 de PHEV excepté avec 31,2 kWh bruts).
Hélas pour notre équipage, la version que nous avions à l’essai nous a été livrée batterie vide, ce qui ne nous a pas permis de vérifier la véracité des chiffres d’autonomie constructeur (jusqu’à 135 km en WLTP). En revanche, nous avons pu mesurer la consommation du Starray batterie vide, ce qui est au final plus représentatif lors d’un usage familial. Sur un premier parcours de départementales aux vitesses légales, nous avons mesuré 8,2 litres aux 100 km, alors qu’un parcours davantage autoroutier à des allures plus soutenues a fait monter la moyenne à 9,1 litres aux 100 km. Des premières valeurs assez décevantes qui s’expliquent sans doute par des phases de roulage en électrique peu fréquentes lorsque la batterie est vidée, alors que la techno utilisée par exemple chez Volkswagen sur ses PHEV, permet de garder davantage de capacité de batterie tampon pour des phases électriques plus régulières.
D’autre part, la transmission fait un peu trop hurler le moteur en phase d’accélération avec des performances un peu en deçà de nos attentes, malgré un chiffre de 8,1 secondes pour le 0 à 100 km/h annoncé par le constructeur.
En matière de comportement routier, le Geely Starray EM-i montre deux visages. Docteur Jekyll en roulant comme un bon père de famille, avec un très bon confort de suspension qui absorbe plutôt bien les ornières et un silence ambiant très appréciable. En revanche, dès que l’instinct du journaliste essayeur prend le dessus, le SUV chinois se transforme en mister Hyde, avec un train avant assez capricieux, voire paresseux et une motricité qui peut être prise en défaut, même sur sol sec. Un peu à l’américaine en somme, avec un comportement routier qui n’apprécie pas d’être trop brusqué.
Essai Geely Starray EM-i : en bref
Après une journée passée au volant du Geely Starray EM-i, le bilan est mi-figue, mi-raisin. Ce nouveau SUV à technologie PHEV présente bien, il dispose d’une habitabilité généreuse et d’un équipement vraiment très complet. Pourtant, il reste encore perfectible en matière de liaisons au sol et son moteur n’est pas le plus sobre de la catégorie. Mais au moment de regarder le tarif, difficile de faire la fine bouche.
Vendu à partir de 34 990 Euros en finition Pro déjà très bien équipée (batterie de 18,4 kWh, sept airbags, clim’ auto, caméra 360°, écran tactile de 15,4”…), il est en plus garanti 8 ans. Notre exemplaire en troisième niveau de finition Max+ (batterie de 29,8 kWh, toit ouvrant panoramique, autoradio 16 HP, sièges en TEP à fonction massage, affichage tête haute…) se négocie à 38 990 euros. A titre de comparaison, le Peugeot 3008 Allure Plug-in Hybrid 225 ch est vendu 40 560 euros, avec une dotation très sensiblement inférieure, mais il est vrai avec une garantie qui peut atteindre 8 ans, à condition d’entretenir sa lionne dans le réseau.
Si le budget ne fait pas tout, il devrait sérieusement faire réfléchir les clients, d’autant que l’offre de loyer longue durée est particulièrement attractive (à partir de 369 euros/mois sans apport, sur 48 mois et 40 000 km).
Essai Geely Starray EM-i Max+ 262 ch : Fiche Technique
- Moteur : 1,5 litre Plug-in Hybrid E-DHT
- Puissance : 262 ch
- Couple moteur : 262 Nm
- Puissance fiscale : NC
- Transmission : Traction avant
- Boîte de vitesses : Automatique
- Pneus : 235/50 R19 (Max+)
- Freins : 4 freins à disque
- Suspensions avant : Type MacPherson
- Suspensions arrière : Type multibras
- Longueur : 4 740 mm
- Largeur : 1 905 mm
- Hauteur : 1 685 mm
- Empattement : 2 755 mm
- Diamètre de braquage : 10,4 mètres
- Volume du coffre : 528 litres
- Poids à vide : 1 770 kg
- 0 à 100 km/h : 8,1 secondes
- Vitesse maxi : 170 km/h
- Autonomie électrique : 83 km à 135 km (Max+)
- Puissance de charge DC : jusqu’à 60 kW
- Puissance de charge AC : NC
- Capacité Batterie : 29,8 kWh
- Consommation mixte (WLTP combinée) : 1,4 l/100 km
- Autonomie mixte (WLTP combinée) : 1 055 km
- Autonomie électrique (WLTP combinée) : 136 km
- Emissions de CO2 : 32 g/km (pas de Malus)
- Année de lancement : 2026
- Prix de base : 34 990 €
- Prix du modèle essayé (hors options) : 38 990 €
Photos : essai du Geely Starray EM-i (2026)
Photos : Julien-Georges Marcos pour French Driver, Geely France































